Hadassa Ngamba

Née en 1993 à Kizu dans la province du Kongo-Central en République Démocratique du Congo, Hadassa Ngamba est une plasticienne congolaise qui vit à Lubumbashi et travaille entre le Katanga et le Kongo-Central. Elle a fait ses études à l’Université de Lubumbashi à la faculté de criminologie. Elle a exposé ses premières œuvres en tant qu’artiste lors de la 5ème Biennale de Lubumbashi en 2017, après un atelier pédagogique animé par Toma Muteba Luntumbue, Sammy Baloji, Sandrine Colard et Yves Robert.

Pendant son enfance, elle a vécu dans un environnement empreint de souvenirs coloniaux et de la genèse de l’indépendance du Congo (Boma). Témoin et co-victime des abus masculins portés sur sa mère, elle se met à la recherche de réponses personnelles et collectives aux questions liées à la mémoire coloniale de son pays et à l’équilibre du pouvoir. Dans son travail, elle tente de redéfinir les stéréotypes fallacieux liés à l’identité ancrée dans le temps et dans l’espace de la société congolaise.

Le travail de Hadassa Ngamba est constitué des techniques du stylisme et de la coiffure, du dessin, de la peinture, de la photographie, de la vidéo et de la performance. Dans sa pratique, elle utilise le wax comme un dispositif de langage généalogique de la mémoire coloniale conceptuelle et la malachite comme élément de questionnement sur l’économie du Congo à travers le Katanga, la région où elle vit actuellement.

Considérant son histoire personnelle comme point de départ pour aborder celle du Congo, le travail de Hadassa Ngamba s’inscrit dans la reconfiguration du routeur colonialiste installé dans l’histoire de son pays, en perturbant les protocoles de celui-ci, et une régénération de l’autonomie du pouvoir dialectique.

Hadassa Ngamba était artiste en résidence au WIELS, à Bruxelles, de janvier à mars 2019. Sa participation à la biennale est soutenue par la Fondation Moonens et Wallonie-Bruxelles International.

Texte: David Shongo
Crédit photo: Musa Musa